Dépérissement syrah, languedoc, maladies du bois, rougissement feuilles

Focus

Connaissances à l’international

Un état des lieux sur l’existence de ce syndrome dans les autres pays viticoles a été réalisé dans le cadre d’un Projet d’Ingénieur de l’Agro-M en 2007. Il ressort de cette étude que le dépérissement est signalé dans la quasi-totalité des pays où il existe de la Syrah greffée. Son existence a pu ainsi être confirmée en Espagne, Argentine, Afrique du Sud, Californie et Italie. La question reste posée pour l’Australie où le pourcentage de Syrah greffées reste faible. Le syndrome est notamment identifié sur des clones français « sensibles » dans des conditions environnementales différentes.

Dépérissement de la syrah


Principaux résultats acquis

Les travaux menés sont nombreux et variés : piste pathologique, études sur le greffage, impact du matériel végétal, recherche d’un marqueur précoce, piste génétique, facteurs aggravants… Même si la, ou plus probablement les, causes du dépérissement de la Syrah n’ont pas encore été identifiées, des résultats très importants ont d’ores et déjà été acquis.

La piste pathologique

L’hypothèse pathologique demeure prioritaire dans nos axes de recherche ; la preuve éventuelle de l’implication, dans ce syndrome, d’un ou de plusieurs agents pathogènes aurait des conséquences immédiates et importantes sur la filière de production des plants de vigne et le mode de conduite au vignoble.

Des travaux ont été engagés sur la recherche d’agents pathogènes : les champignons, bactéries, phytoplasmes et viroïdes ont pu être mis hors de cause. Les travaux sur les virus ont permis d’écarter l’implication de 23 des principaux virus capables d’infecter la vigne ; les recherches se poursuivent sur cette piste.

Impact du mode de greffage

Des études ont été menées sur la possible « incompatibilité » de la Syrah avec certains porte-greffes. Les analyses ont montré que ce cépage présentait effectivement des difficultés de reprise au greffage et notamment l’établissement de jonctions imparfaites entre les deux partenaires. Pour autant, le lien entre ces phénomènes, très précoces, et les problèmes qui se manifestent plusieurs années plus tard au vignoble, n’est pas établi. Les essais de mode de greffage ont cependant donné des renseignements intéressants. Les crevasses sont observées avec toutes les modalités de greffage sur table et ce quelles que soient les concentrations d’hormones utilisées. On peut donc exclure que la greffe en oméga ou l’hormonage soit à l’origine du syndrome ; leur impact à long terme sur les rougissements et la mortalité doit encore être évalué.

Le matériel végétal

Impact du clone

Les 16 clones actuellement agréés présentent des « sensibilités » très différentes vis-à-vis du dépérissement et peuvent être classés en trois catégories :

  • les clones 470, 524, 747, et dans une moindre mesure le 471, présentent très peu de symptômes
  • les clones 100, 174, 300, 525, 585 et 877 présentent des taux moyens ou irréguliers de dépérissement

les clones 73, 99, 301, 381, 382 et 383 présentent des taux de symptômes et une mortalité élevés et sont par conséquent totalement déconseillés.

Les clones de la première catégorie sont actuellement conseillés à la plantation. Un nouveau programme de sélection clonale est en cours : une douzaine de clones ont été présélectionnés et une nouvelle gamme de clones « non dépérissants » devrait être proposée d’ici à 5 ans.

Impact du porte-greffe

Tous les porte-greffes sont concernés puisqu’on observe au moins 30 % de souches crevassées dans les essais suivis (taux moyen). Néanmoins, le 110 R et le 99 R se distinguent par une sensibilité accrue et sont donc déconseillés si un autre choix de porte-greffe est possible. Quand la situation agronomique l’exige (terrain séchant, schistes, sol acide), ils peuvent être utilisés avec les 4 clones peu, ou très peu, sensibles, l’effet du clone dominant l’effet du porte-greffe.

Nouvelles pistes de recherche

Mise au point du modèle d’étude

L’objectif est de disposer, à terme, d’un système permettant de reproduire rapidement les symptômes « crevasses » et de rechercher des marqueurs précoces du dépérissement. L’identification de tels marqueurs permettrait d’obtenir plus rapidement des résultats lors de la mise en place d’essais qui nécessitent aujourd’hui un pas de temps minimum de 6 ans.

En 2008, un dysfonctionnement cambial très localisé a pu être mis en évidence 1 an après le greffage sur un clone «très sensible » : ce résultat très encourageant doit maintenant être validé. Les essais porteront aussi sur la simplification du protocole de préparation des échantillons afin de gagner du temps et de pouvoir traiter des effectifs importants.

Distinction clonale et approche génétique

Distinction clonale

L’observation ampélographique ne permet pas d’identifier un clone de Syrah. Il est donc nécessaire, dans un souci de traçabilité et, afin de pouvoir, dans certaines parcelles, établir un lien entre les dégâts observés et le matériel végétal, de disposer d’un outil fiable permettant de contrôler l’identité des clones. Sur les 300 marqueurs microsatellites testés,  seuls 3 montrent du polymorphisme sur les 16 clones agréés. L’utilisation de ces 3 marqueurs nous permet d’identifier 2 clones agréés (470 et 301) et un groupe de 2 clones (524 et 747).

Etudes génétiques

L’un de ces 3 marqueurs s’est avéré fortement corrélé au dépérissement, ce qui a  conduit à formuler l’hypothèse d’une cause génétique au dépérissement. Ce résultat permet d’envisager la recherche de gènes potentiellement impliqués dans le dépérissement et ouvre un nouveau champ d’investigations.